L'ombre du temps

Ma plume reste sèche et ne peut rien écrire
Qu'un silence ennuyé troublé parfois d'un rire
Cynique et malheureux face à l'ombre du temps.

Le temps devrait servir à modeler les choses
À mûrir les esprits, à éclore les roses,
Mais le temps n'agit plus depuis bientôt longtemps.

Le temps n'avance plus pour terminer la guerre,
Le temps passe trop vite au-dessus du désert
Où l'homme attend la pluie au milieu de l'enfer.

Le temps est incertain, il égrène les heures,
Éparpille les jours et trouble les saisons.
Le temps semble être las d'avoir toujours raison.

Le temps de l'infini se moque des mesures.
Il passe et fuit devant cet homme qui l'attend.
Il se dérobe enfin de la main qui le prend.

Le temps insaisissable, impossible à comprendre,
Est inscrit dans ma chair et dans mon inconscient.
Mon âme ne sait plus s'il est mort ou vivant.


© Albert Davoine, juillet 1994, 6-469

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