Le chef libérateur

Le communisme est mort avec son idéal
de partage équitable entre tous les humains.
Le rêve généreux est devenu cancer
et les gens de pouvoir en ont fait un enfer.
L'idée totalitaire a saccagé le monde
et la ruine entraîna la fin du grand espoir.

Le lendemain déjà devant une autre idole
on s'agenouille ici comme partout ailleurs :
La loi du capital dicte ses règlements,
et la dévotion des gens les plus puissants
se propage jusqu'aux serviteurs de l'argent.

Quand deux monstres s'affrontent, et que l'un deux périt,
le survivant vainqueur reste un monstre quand même.
Et s'il n'a plus de proie pour nourrir sa puissance
il dévore aveuglé par sa gloire éphémère
les petits qui le servent et ses propres enfants.

Le pur libéralisme et la course aux profits
génèrent la richesse en coupant les dépenses.
Mais on laisse ici bas des humains sans défense
qui n'alimentent plus le marché où s'abreuve
le monstre profiteur qui mangera sa queue
comme le dinosaure a dévoré ses œufs.

L'homme n'est pas sur Terre un pion dans un système.
Tout endoctrinement n'est qu'asservissement.
Les têtes dirigeantes sont pleines de principes,
mais leurs âmes sont vides et leurs cœurs refermés.
Le sens de la mission disparaît à court terme
en gérant le budget du trimestre prochain.

L'homme n'est pas l'outil, l'homme est le but ultime
et l'entreprise n'est qu'une aventure humaine
engagée pour servir le bonheur quotidien.
Le chef n'est qu'un soldat qui doit, servant les autres,
n'obéir humblement qu'à sa mission d'aimer.


© Albert Davoine (1996) (8-750)

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