Bouquet de Neiges 

Marcher un lendemain, sur la glace enneigée
du chemin sur le lac, comme un instant possible,
tracé par la rivière et qui couve en secret
l'énergique lumière au fond du lit d'hiver.

Découvrir autrement l'endroit d'où l'on regarde
vers l'horizon d'ailleurs.
Aller revoir la rive où s'arrêtent les pas,
quand le chemin de terre
s'allonge du regard infini vers la mer.

Quand c'est l'hiver on peut, sur la glace du fleuve
se regarder rêver
et marcher un instant, détaché de la rive
entre deux horizons.

Un horizon lointain, plus près de quelques pas,
d'où brille le soleil,
d'où provient la lumière et sa chaude caresse
dans le dos déjà vieux.

Un autre horizon blanc, découpé par les cimes
et les arbres et les toits,
où nous apercevons des souvenirs d'enfants,
des étreintes d'amants et les échos des pas
sur le gravier qui roule,
quelques pleurs oubliés, quelques rêves encore
inachevés, comme une symphonie...

Quand la musique meurt, ses notes de lumière
dessinent dans la nuit une gerbe de fleurs,
des papillons d'étoiles qui reviennent parfois,
du fond de l'univers, parfumer le silence
d'un brin d'éternité...


© Albert Davoine, mars 1991, 3-223

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