Le chemin du printemps

Quand la route s'éloigne et que le temps n'est plus
qu'un instant de bonheur au milieu de l'ennui,
quand les champs inondés de lumière solaire
évaporent leur neige et que le chant des hommes
adoucit leur labeur,

alors se fait entendre
au cœur de l'homme seul, un souffle murmuré
comme un aveu soudain d'une présence intime.

Les quelques mots des autres qui percent le silence
intérieur du poète allument sa conscience
qu'au delà du réel on retrouve l'amour.

La mère qui lessive et la fille qui pleure
et l'écolier perdu sur le chemin boueux,
l'homme dans la machine et le passant vieilli,
tous emportent l'amour au creux mystérieux
de leur âme tragique ou de leurs yeux ouverts.

Quelques notes vibrantes entament la douceur
du matin de printemps et la fugue des sons
incite le penseur à poursuivre sa route
au gré des émotions et des regards d'autrui.

Il navigue éperdu dans les rangs des humains
à la recherche encore aujourd'hui de l'amour
qui se cache et frissonne au sortir de l'hiver.


© Albert Davoine, Mars 1996, 7-679

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