Ramadan

Pourquoi me laisses-tu te chercher ?
L'errance de mes nuits me fait souffrir.
Je porte en moi l'écho des cris des autres
Et mon regard se perd dans leurs yeux douloureux.

Je voudrais tant servir
Mais je confonds encore ambition et mission.
Je suis pris dans un piège :
Si tu me dis quoi faire pour aider tous mes frères
Je te réponds alors d'arrêter leur courroux.

Que veux-tu que je fasse contre les imbéciles
Et contre les méchants quand toi tu ne fais rien
Que de les laisser libres?

Je veux être gentil et faire de mon mieux
Mais je ne suis pas sûr de servir le bon dieu
Celui qui devrait être un père pour les siens
Et protéger d'amour les plus faibles humains.

N'existerais-tu donc qu'en rêve chez les hommes
Des grands théologiens et des pauvres d'esprit
Qui espèrent encore et encore aujourd'hui
De les voir te tirer d'un infernal oubli?

J'ai peur que tu ne sois qu'un dieu impersonnel
J'ai peur de me tromper quand la nuit je t'appelle.

Je peux aimer le jour, agir et me donner
Oublier dans l'amour ma quête de savoir
Et ne penser qu'à l'autre à l'instant au présent.
Mais la nuit fatigué impuissant et rêveur
Je me fais réveiller par les cris de douleur
Des humains dispersés sur cette Terre immense
Qui ne se lasse pas de tourner chaque jour
Pour obliger le monde à dormir et agir.

Dois-je être encore plus l'humble chef de la troupe
Qui ne sait où aller mais qui ne le dit pas
Tout en amenant l'autre à faire encore un pas
Chaque jour en avant pour rapprocher les gens?

Dois-je marcher sans voir
Espérer sans savoir
Aimer sans oser croire?

Je n'ai pas d'autre choix que d'agir et dormir
Et d'espérer qu'un dieu veille encore la nuit.
Entends-tu ma prière?
Prends bien soin de mes frères
Je sens que je m'endors.


ã Albert Davoine. Février 1996. 7-672

PoèmesAcceuil -AD
Merci de votre visite. Au revoir !