Le travail accompli

Le regard de respect avec lequel le chef considère les personnes dans l'entreprise permet d'établir un climat fraternel rassurant, propice à l'éclosion de la collaboration créatrice et à la préparation de la relève.

Notre premier patron, un ancien officier de la Royal Canadian Air Force, nous avait communiqué un des textes les plus concis et les plus pratiques qu'il nous ait été donné de lire sur le management. Ce mémorandum interne du Pentagone était daté de 1944 et intitulé "Completed Staff Work". En voici la traduction...

1. Le travail accompli c'est l'analyse d'un problème et la présentation de la solution par l'officier ou la personne responsable, de manière telle que tout ce qu'il reste à faire par le chef est d'approuver ou de désapprouver la décision ou le plan d'action dans son ensemble.

2. Accompli signifie, d'après le dictionnaire, action achevée, parfaite en tout point, sur laquelle on ne revient plus.

3. Il faut insister sur le fait que le travail doit être accompli dans son ensemble car plus le problème est complexe et difficile, plus l'officier a tendance à le présenter de façon morcelée à son supérieur. C'est le devoir de l'officier de fignoler les détails. L'officier n'a pas à consulter son supérieur pour les détails du plan d'action mais il peut et il doit consulter ses collaborateurs.

4. L'officier responsable inexpérimenté, devant un problème difficile, agit souvent par impulsion et va poser des questions à son chef pour lui demander quoi faire. Et cela semble si facile pour le chef de donner la réponse. Mais c'est là une source de frustration mutuelle parce que le chef a le sentiment d'être obligé de penser à tout et de tout faire et l'officier responsable se voit amputé de son autonomie et de son pouvoir de décision. Il faut résister à ces impulsions !

5. La responsabilité de l'officier est d'aviser le chef sur ce que le chef doit faire. L'officier ne doit pas attendre que le chef lui dise quoi faire. Le chef a besoin d'initiatives et de réponses, pas de questions sur les solutions miracles qu'il pourrait détenir parce qu'il est chef.

6. Le travail de l'officier est d'étudier, d'écrire, de calculer, de réétudier, de réécrire, de recalculer de façon accomplie, jusqu'à ce qu'il puisse proposer une seule décision d'action, la meilleure, parmi toutes celles qu'il a prises en considération. Le chef n'a plus qu'à dire oui ou non.

7. Habituellement un travail accompli est constitué d'un document simple, fini, dans lequel l'officier explique clairement son point de vue et sa décision, document sur lequel le chef n'a plus qu'à apposer sa signature et à expédier. Si le résultat recherché est conforme au plan de l'entreprise, il est la plupart du temps évident que le chef va l'approuver. Si le chef a besoin d'autres explications, il les demandera.

8. Quand le chef dit à l'officier de signer lui-même et d'expédier l'affaire lui-même, le chef a accompli son travail de chef qui est essentiellement de préparer la relève.

9. Gardez ce mémo en lieu sûr, mais à portée de la main, pour pouvoir le relire souvent.


©Albert Davoine : LR1989-08

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